Le DAS : Qu’est-ce que c’est ?

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« D-A-S », trois lettres qui figurent bien souvent sur les publicités pour téléphones mobiles ou encore sur les fiches techniques de ces derniers. Le Débit d’Absorption Spécifique (DAS) mesure l’exposition du corps humain aux ondes émises par tout équipement radioélectrique (micro-ondes, box internet, téléphone, etc…).
Quelle est la réglementation ? Le DAS est-il devenu un critère primordial dans le choix d’un mobile ?
DAM’S fait le point.

Qu’est-ce que le débit d’absorption spécifique (DAS) ?

Le Ministère des Solidarités et de la Santé, définit le DAS comme ce qui suit : « Le DAS représente le débit avec lequel l’énergie produite par un équipement, par exemple un téléphone mobile, est absorbée par unité de masse du tissu du corps ou plus concrètement la quantité d’énergie absorbée par l’organisme sous forme de chaleur par unité de temps. Le DAS local est mesuré selon des normes sur une des parties du corps (particulièrement la tête) et s’exprime en watts par kilogramme (W/kg). »

Nos téléphones portables (et plus largement les équipements radioélectriques) ne doivent pas dépasser une valeur limite de DAS pour pouvoir être mis sur le marché. La recommandation européenne 1999/519/CE a défini certains niveaux, qui ont été repris dans la réglementation française par l’arrêté du 8 octobre 2003.
Ainsi, en France, le DAS ne doit pas dépasser 2 W/kg pour une utilisation des téléphones mobiles à l’oreille.
Si aucun contrôle à la mise sur la marché d’un équipement n’est effectué par les administrations, les Etats membres se gardent le droit de vérifier que la réglementation est bien appliquée.
En France, c’est lAgence Nationale des Fréquences (ANFR), qui gère les actions de contrôle et les mesures préventives

Les différents types de DAS

Il existe 3 types de DAS capables de mesurer l’exposition aux ondes de nos téléphones mobiles :

  • Le DAS « tête » : il correspond à l’usage du téléphone porté à l’oreille, en conversation. Sa valeur limite est de 2W/kg.
  • Le DAS « tronc » : il fait référence à l’usage du téléphone porté près du tronc (dans une poche de veste, un sac, etc…). Sa valeur limite est de 2W/kg.
  • Le DAS « membre » : il correspond à l’usage du téléphone collé contre un membre (tenu à la main, plaqué dans un brassard, etc…). Sa valeur limite est de 4W/kg.

Comment le DAS est-il mesuré ? 

L’ANFR surveille le marché de la téléphonie mobile et peut procéder à des contrôles aléatoires afin de s’assurer de la conformité des appareils. Elle vérifie aussi bien les conformités techniques, que les conformités administratives (déclaration de conformité).

Les téléphones mobiles sont envoyés à des laboratoires de contrôle accrédités pour les mesures des équipements radio.
Un mannequin, appelé « fantôme », simule le corps humain. Dans ce fantôme est injecté un liquide simulant le liquide cérébral ou le tissu musculaire.
On y plonge alors une sonde de champ électrique qui calcule et retransmet les valeurs du DAS.

Le laboratoire retransmet ensuite les valeurs techniques à l’ANFR.

Si la valeur DAS de l’appareil contrôlé dépasse les valeurs maximales, l’ANFR est en droit de sanctionner la personne responsable de la mise sur le marché de l’équipement.
Les sanctions peuvent aller de l’amende (jusqu’à 7500€), aux rappels de produits voire l’interdiction de commercialisation des équipements.

L’ANFR publié régulièrement les valeurs DAS sur son site internet : data.anfr.fr

Sonde de champ électrique plongée dans le "fantôme" (extrait video Youtube ANFR)

Quels risques pour la santé ? 

Une étude commandée par l’ANFR a été menée par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (ANSES). Elle s’intitule « Téléphones mobiles portés près du corps et santé » (juillet 2019) et porte sur la vérification de conformité du DAS « tronc » de 379 mobiles.
Si l’OMS soulignait en 2014 « qu’il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé », l’ANSES appelle à la prudence, invitant les usagers à ne pas porter leur mobile trop près du corps (les téléphones commercialisés avant 2016 étant principalement concernés). Les résultats de l’expertise démontrent des effets biologiques sur l’activité cérébrale « mais ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets sur d’autres fonctions biologiques spécifiquement associées à de telles expositions au niveau du tronc ».

Le DAS doit-il être un critère déterminant dans l’achat d’un mobile ?

D’année en année, la réglementation se renforce et les constructeurs tentent d’améliorer leurs appareils. Il serait difficile de faire du DAS le critère numéro 1 lors d’un processus d’achat. Néanmoins, il reste important de connaître le seuil limite de 2W/kg, afin d’éviter les mauvaises surprises !